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Accessibilité, enjeux à court terme pour les collectivités locales et les sites publics

l'accessibilité

En 1997, le World Wide Web Consortium (W3C) en charge des normes du web, lance le Web Accessibility Initiative (WAI) afin d’établir des solutions techniques pour permettre au web d’être accessible par tous. Les nouvelles normes (WCAG2.0) définies fin 2008 améliorent ces recommandations afin que tous les individus aient accès à la même information, quel que soit leur matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau, leur langue maternelle, leur culture, leur localisation géographique, ou leurs aptitudes physiques ou mentales…on parle alors d’Accessibilité Web. Demander à recevoir le support de présentation.

L’accessibilité se compose d’un ensemble de règles qui doivent être respectées pendant toute la durée de vie d’un site, depuis la création de la maquette graphique jusqu’à la saisie des contenus.

Aujourd’hui, très peu de sites riches en contenus respectent ces normes exigeantes. Pour comprendre en quoi les normes d’accessibilité sont essentielles, il est important de connaître les formes de handicaps qui sont les plus pénalisantes pour un utilisateur du web.

Quelles formes de handicap ?

Quand un site web est accessible, un utilisateur présentant des handicaps peut naviguer plus simplement et plus rapidement, mais il peut surtout avoir accès à toute l’information et à toutes les fonctionnalités via des outils d’aide adaptés à son handicap : lecteur d’écran, plage braille, loupe d’écran, souris à bouche…

Voici diverses formes de handicap (du plus fréquent au moins fréquent dans la population française) et l’impact de celui-ci sur la navigation web :

  • Le handicap moteur : De nombreuses personnes ont, par exemple, des difficultés à utiliser une souris, mais pourtant de nombreux sites ne permettent pas de s’en passer (drag’n’drop). Une des premières caractéristiques d’un site web accessible est sa capacité à être consultable entièrement au clavier.
  • Le handicap auditif : Les personnes malentendantes ou sourdes sont les moins touchées par le non-respect des normes d’accessibilité. En revanche, la vidéo est de plus en plus utilisée et contrairement aux idées reçues, les sous-titres peuvent s’avérer insuffisants pour une grande partie de cet auditoire. En effet, leur langue maternelle est la langue des signes française (LSF) et pas le Français (l’apprentissage de la lecture se faisant grâce aux sons, les personnes sourdes de naissance déchiffrent plus qu’elles ne lisent).
  • Le handicap cognitif : Certaines personnes peuvent avoir du mal à se concentrer sur un article si une bannière latérale utilise des textes qui défilent ou des images qui clignotent. De même, le texte « justifié » dans une page  web va gêner la lecture des personnes dyslexiques.
  • Le handicap visuel : Depuis longtemps les aveugles ou malvoyants sont un symbole de l’accessibilité bien qu’ils ne représentent pas la majorité des personnes handicapées. Des outils « lecteur d’écrans » de plus en plus performants sont disponibles afin de permettre aux non-voyants ou malvoyants de lire une page web. Mais cette page doit être bien structurée et il faut s’assurer que toutes les informations visuelles disposent d’une alternative textuelle. Dans les handicaps visuels, on dénombre aussi beaucoup de daltoniens qui sont les plus démunis car ils ne disposent d’aucun outil pour les aider à naviguer. Malgré cela de nombreux sites utilisent des codes couleurs pour informer (exemple : site marchand avec le prix normal en rouge et le prix promotionnel en vert).

A noter que des personnes cumulent les handicaps ou en sont atteints temporairement (bras dans le plâtre, reflets sur l’écran de l’iPhone*…).

*Le handicap ici est d’avoir des reflets et pas un IPhone.

 

Dans la pratique, quelles sont les règles à respecter ?

Voici quelques pratiques à respecter pour rendre un site web accessible :

La structuration du contenu

Le HTML doit être sémantique : il existe des balises pour faire des paragraphes, des titres, des listes ; mais une écrasante majorité de « développeurs » web détournent les balises de leur usage par méconnaissance des règles. Lorsqu’un aveugle écoute une telle page, il ne peut pas l’appréhender dans son ensemble.

Les couleurs

Elles ne doivent pas être utilisées pour donner de l’information ou si c’est le cas, il faut proposer un moyen alternatif d’accéder à cette information.

Les images

Les images porteuses d’informations doivent avoir une alternative textuelle. A noter que bien souvent dans un site web institutionnel, par exemple, la majorité des images n’apportent pas d’information : soit elles sont purement décoratives (ex : affichage de la photo de l’auteur), soit l’information est déjà reprise dans le texte adjacent à la l’image / photo.

Les scripts

Avec les règles actuelles (mais qui vont changer d’ici quelques mois), un site doit fonctionner avec ou sans javascript / flash.

Mais quand javascript ou flash est activé, son utilisation doit être faite en accord avec les règles d’accessibilité : il faut garder à l’esprit qu’un aveugle peut naviguer avec Firefox 4 en utilisant flash (au clavier) et javascript, là où un voyant peut avoir son javascript désactivé par son administrateur système… Et pourtant les deux doivent accéder aux mêmes informations.

 

Le CMS Ametys et l’accessibilité

Depuis plusieurs années, l’accessibilité est au cœur des préoccupations du CMS Ametys. En plus d’offrir les fonctionnalités d’accompagnement des normes d’accessibilité, ses développeurs travaillent sur un plugin  afin d’optimiser le suivi de l’accessibilité dans le temps.

Cet outil sera capable de scanner les pages, plus efficacement qu’un outil externe, et d’identifier d’où proviennent les nouveaux problèmes et ainsi, pérenniser l’accessibilité du site.

Par exemple :

  • Une fois que la charte graphique est reconnue conforme à l’accessibilité, il n’est plus utile de la vérifier à chaque audit
  • Une fois qu’une alternative dans un contenu est déclarée conforme par un personnel qualifié, il n’est plus utile de la revérifier tant que son contexte ne change pas

Cet outil couplé à des alertes mails permettra de mesurer en temps réel l’accessibilité de son site.

 

Pourquoi ce sujet revient-il sur le devant de la scène?

L’accessibilité existe depuis de nombreuses années, mais l’obligation légale pour les sites publics est plus récente : en France le référentiel RGAA apparaît en mai 2009 pour le web. Cependant, une certaine méconnaissance du problème subsiste puisque de nombreux sites affichent des rapports d’audits excellents alors que leur niveau réel est très faible.

L’accessibilité des sites web est un enjeu immédiat pour les sites des collectivités. Selon le décret d’application de la loi du 11 février 2005, les collectivités locales ont jusqu’au 16 mai 2012 pour mettre leur site en conformité RGAA

Si vous souhaitez un complément d'information, vous pouvez demander à recevoir la présentation donnée sur l'accessibilité à l'occasion de L'OpenDay de Toulouse du  23 juin 2011. Demander à recevoir le support de présentation.

 

Cet article a été rédigé par Raphaël Franchet, Expert IHM et Accessibilité Web chez Anyware Services.